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Qui détient la dette de la France ?
La question paraît technique ; elle commande tout le reste. Un pays dont la dette est portée par son épargne domestique et sa banque centrale ne vit pas le même risque qu'un pays dont plus de la moitié des créanciers sont ailleurs et n'ont aucune raison patriotique de rester.
La ventilation, au dernier trimestre publié
Dette négociable de l'État, 2026-T1 — Agence France Trésor
la Banque de France n'est pas isolée dans la ventilation AFT — c'est un point de méthode qui compte pour la suite : on ne peut pas lire la part de la banque centrale dans ce tableau.
La part étrangère remonte
Elle était à son point bas — 47,5 % — en 2021, quand l'Eurosystème achetait. Elle est aujourd'hui à 57,5 %, après un pic historique de 66,4 % en 2009 (D29.1, D29.2). Sur la dette longue de l'ensemble des administrations, la Banque de France mesure 55,9 % fin mars 2026 contre 54,6 % fin décembre (D25).
Le rythme donne la mesure : au seul premier trimestre 2026, les non-résidents ont acheté 99 milliards d'euros nets (D26), sur un programme de financement annuel de 300 milliards (D18). Un tiers des besoins de l'année, en un trimestre, auprès d'investisseurs qui arbitrent.
Et la Banque de France ?
La dernière mesure institutionnelle publiée est celle du Sénat : environ ≈26 % de la dette publique fin 2023 (10 juillet 2024, D27). Aucune mesure plus récente n'est publiée sous cette forme.
Un chiffre de 18 % circule dans le débat public depuis septembre 2026 (D28). C'est une déclaration de campagne, pas une statistique : nous la donnons datée et attribuée, sans la présenter comme une mesure. Les deux ordres de grandeur sont compatibles — la BCE a cessé de réinvestir les titres arrivant à échéance, et chaque titre qui sort du bilan est replacé sur le marché. C'est cette pression-là que mesure la remontée de la part étrangère ci-dessus.
Deux points de comparaison
- Aux États-Unis, les étrangers détiennent 24,1 % des titres du Trésor (D55) — contre 57,5 % pour la France.
- La Réserve fédérale porte 16 % de la dette américaine détenue par le public (D79).
- 311 milliards d'euros de titres français sont indexés sur l'inflation (D24), soit environ 10,9 % de la dette négociable de la dette négociable : cette part-là ne se dévalorise pas quand les prix montent.
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