
Toute la dépense publique, enfin lisible.
1 710 Md€ dépensés en 2025 — soit 57,2 % de la richesse produite. C'est 3,7× le seul budget de l'État, la confusion la plus fréquente du débat public. D'où vient l'argent, où il va, et ce que votre euro finance — sur données INSEE, chaque chiffre sourcé et daté.
D'où vient l'argent public ?
Toutes administrations confondues — le miroir exact des 1 710 Md€ de dépenses. Les cotisations sociales et la CSG (qui financent la Sécu) pèsent plus que tous les impôts de l'État réunis.
La zone hachurée = les 153 Md€ manquants, couverts par l'emprunt — qui nourrissent la dette.
Part salarié + part employeur sur les salaires — financent la Sécurité sociale.
Première ressource fiscale — partagée entre l'État, la Sécu et les collectivités.
Prélevées sur tous les revenus (salaires, retraites, capital) — affectées à la Sécu.
Droits de succession, DMTO (« frais de notaire »), taxes affectées…
Taxe foncière, CFE/CVAE, versement mobilité — surtout pour les collectivités.
Prélevé à la source — alimente le budget de l'État.
Sur les bénéfices des entreprises.
TICPE et droits de consommation.
Ventes de services, revenus du patrimoine, dividendes, fonds européens…
Dont 1 304 Md€ de prélèvements obligatoires (impôts + cotisations, le chiffre-clé du débat fiscal) et 253 Md€ de recettes non fiscales. C'est le miroir exact du « Zoom État » plus bas : les recettes du seul budget de l'État n'en sont qu'une fraction — l'essentiel va directement à la Sécu et aux collectivités.
Qui dépense ?
La dépense publique n'est pas « le budget de l'État ». Elle se répartit sur trois administrations — et la Sécurité sociale y pèse le plus.
Retraites, maladie, famille, chômage. Le premier poste — devant l'État.
Le « budget de l'État » au sens strict, plus ses agences (ODAC).
Communes, départements, régions : écoles, routes, action sociale locale.
Ces trois montants se recoupent : l'État verse des dotations aux collectivités et à la Sécu. Leur somme brute (1 820 Md€) dépasse la dépense publique réelle de ~110 Md€ de transferts internes. Consolidé, le total national est de 1 710 Md€. Fait marquant : la Sécurité sociale dépense plus que l'État.
Où va l'argent ?
Chaque euro public par grande fonction — la somme fait bien les 1 710 Md€. La protection sociale & santé capte 57 % à elle seule ; les intérêts de la dette pèsent déjà plus que la Défense.
Écoles, collèges, lycées, université, recherche universitaire.
Administration, diplomatie, fonctions support — hors intérêts de la dette.
Les seuls intérêts. Déjà plus que la Défense — et en forte hausse.
Forces armées, dissuasion, équipement.
Police, gendarmerie, justice, secours.
Services culturels, sport, audiovisuel public.
Urbanisme, eau, éclairage, aménagement.
Déchets, eau, biodiversité, climat.
Le premier poste : les retraites
COFOG vieillesse & survie · toutes administrations · 2025Un euro public sur quatre part en pensions — plus que la santé, et près de trois fois l'enseignement. C'est le centre de gravité réel de la dépense publique française.
Tous régimes confondus : Sécurité sociale, fonctionnaires, complémentaires (Agirc-Arrco), minimum vieillesse.
Périmètre COFOG « vieillesse & survie », cohérent avec la ventilation des dépenses ci-dessus. Les pensions versées stricto sensu (champ DREES) font ~400 Md€ — l'écart correspond à l'action sociale vieillesse (APA, ASPA…).
Où va mon impôt ?
Votre contribution répartie sur toute la dépense publique (impôts et cotisations confondus), au prorata de chaque fonction. Pédagogique — répartition indicative.
Entrez un montant pour générer votre reçu public personnalisé.
Dix ans de finances publiques
Depuis 2016, les recettes n'ont jamais couvert les dépenses : l'écart rouge, c'est le déficit de chaque année — et la dette l'accumule.
Dette publique (% du PIB) — jamais redescendue après le covid : chaque année de déficit s'y empile.
Zoom : la fiscalité des plus hauts patrimoines
IPP 2023 · DGFiP · France Stratégie · votes 2025Trois faits documentés, sans prise de position : l'impôt effectivement payé devient dégressif au sommet de la distribution, la suppression de l'ISF a un bilan désormais chiffré, et l'« impôt plancher » proposé par Gabriel Zucman est la réponse débattue au Parlement.
L'impôt devient dégressif tout en haut
Taux d'imposition global (tous prélèvements, impôt sur les sociétés compris) rapporté au revenu économique — la mesure la plus complète, calculée par l'Institut des politiques publiques sur données fiscales exhaustives (IPP, 2023).
Pris isolément, l'impôt sur le revenu des « milliardaires » ne représente qu'environ 2 % de leur revenu économique : l'essentiel de leurs revenus s'accumule dans des sociétés holding, taxées à l'IS (taux inférieur au barème) et jamais au barème tant que rien n'est distribué. À titre d'échelle : l'ensemble des prélèvements obligatoires représente 43,6 % du PIB.
Suppression de l'ISF (2018) : le bilan chiffré
Le comité d'évaluation piloté par France Stratégie chiffre le manque à gagner à plus de 4 Md€ pour la seule année 2022 (6,3 Md€ d'ISF potentiel contre 1,8 Md€ d'IFI perçus) et conclut qu'aucun effet mesurable sur l'investissement des entreprises n'a pu être démontré — l'argument central de la réforme reste, à ce stade, non vérifié dans les données.
L'idée d'un impôt plancher : la « taxe Zucman »
Principe : si l'ensemble des impôts payés par un foyer dont le patrimoine dépasse 100 M€ est inférieur à 2 % de ce patrimoine, un impôt différentiel comble l'écart. C'est une réponse directe à la dégressivité mesurée ci-dessus : le plancher ne change rien pour qui paie déjà « normalement », il ne mord que sur les situations à ~26 % ou moins.
Parcours parlementaire : Adoptée à l'Assemblée nationale (20 fév. 2025), rejetée au Sénat (12 juin 2025), rejetée à nouveau lors du PLF 2026 (31 oct. 2025). FranceMetrics ne prend pas position — nous documentons le mécanisme, la fourchette de rendement débattue et l'état du droit.
La France face aux grandes économies
G20 & zone euro · 2024Première dépense publique des économies avancées, déficit le plus élevé de la zone euro — mais loin derrière les États-Unis, la Chine, l'Inde ou le Brésil sur le déficit.
Dépense publique (% du PIB)
Économies avancées — la France est n°1 des grandes économies, et de loin.
Déficit public (% du PIB)
Du plus dégradé au plus maîtrisé — la France est le déficit le plus élevé de la zone euro.
Eurostat & INSEE 2024 (Europe, comptes notifiés) ; FMI Fiscal Monitor et OCDE 2024 pour les autres, arrondis au demi-point. Brésil : solde nominal (intérêts inclus).
Zoom : le budget de l'État au sens strict
1 des 3 piliers · budget général, PLF 2026Recettes nettes du budget général de l'État — 325 Md€, soit environ 21 % des 1 557 Md€ de recettes publiques totales vues plus haut. L'État ne lève qu'une partie des prélèvements : les cotisations sociales et la CSG financent la Sécu, les impôts locaux les collectivités.
Total recettes nettes ≈ 325 Md€
Où va la dépense : mission par mission
Périmètre principal : administrations publiques consolidées (APU 2025) — dépenses 1 710 Md€ (57,2 % du PIB), recettes 1 557 Md€, déficit 153 Md€ : l'équation tient exactement. Recettes : structure indicative sur les ordres de grandeur INSEE/DGFiP, arrondie à la dizaine ; les prélèvements obligatoires somment à 1 304 Md€. Sous-secteurs (État 686 Md€, Sécurité sociale 796 Md€, collectivités 338 Md€) donnés à leur magnitude brute : ils se recoupent par ~110 Md€ de transferts internes, d'où un total consolidé inférieur à leur somme. Ventilation par fonction : parts FIPECO 2025 appliquées au total INSEE, arrondies. Retraites : COFOG « vieillesse & survie » (442 Md€) ; pensions stricto sensu (DREES) ~400 Md€. Historique 10 ans : INSEE, comptes nationaux (% du PIB) — le solde est recettes − dépenses par construction. Comparaison internationale : Eurostat & INSEE 2024 (Europe, comptes notifiés) ; FMI Fiscal Monitor et OCDE 2024 pour les autres, arrondis au demi-point. Brésil : solde nominal (intérêts inclus). Zoom État : budget général, PLF 2026 (base). Sources : INSEE, comptes de la Nation 2025 — premiers résultats, mars 2026 (dépense publique 1 710 Md€, 57,2 % du PIB) ; ventilation fonctionnelle FIPECO. Montants arrondis. Fiscalité des hauts patrimoines : taux d'imposition global IPP (tous prélèvements / revenu économique, données fiscales exhaustives) ; rendements ISF/IFI DGFiP ; bilan du comité d'évaluation France Stratégie ; paramètres et votes de l'impôt plancher tels qu'adoptés/rejetés. Un module de comparaison des programmes présidentiels 2027 (impact sur vos impôts) est prévu — neutre, sourcé, méthodologie publique.
Références
- INSEE — Comptes de la Nation (dépenses, recettes, déficit, dette des APU)
- INSEE — Comptes des administrations publiques 2024 (déficit 5,8 %, dette 113,0 % du PIB)
- Eurostat — Déficits et dettes publics 2024 (notification avril 2025)
- FMI — Fiscal Monitor (soldes et dépenses des grandes économies)
- FIPECO — Ventilation fonctionnelle de la dépense publique (COFOG)
- DREES — Les retraités et les retraites (pensions versées)
- IPP — « Quels impôts les milliardaires paient-ils ? », note n°92, juin 2023
- France Stratégie — Comité d'évaluation des réformes de la fiscalité du capital, rapport final (oct. 2023)
- Sénat — Bilan de la transformation de l'ISF en IFI et du PFU (rapport n°42, 2019)
- Assemblée nationale — Vote sur l'impôt plancher « Zucman » (20 février 2025)
- Public Sénat — Rejet de la taxe Zucman au Sénat (12 juin 2025)
- Budget de l'État — PLF (recettes et missions du budget général)