Grande EnquêteLe Scandale de la Prise
Deux voitures électriques, la même borne, la même quantité d'électricité. L'une paie deux fois plus que l'autre. Le coupable n'est pas le courant : c'est la puissance que votre voiture accepte d'encaisser — et le badge avec lequel vous payez.
On croit payer une recharge au litre, comme à la pompe. C'est faux. La vraie variable cachée, c'est la puissance de charge que votre voiture accepte : sur les 60 modèles les plus vendus, elle va de 30 à 320 kW — un écart de 10,7 fois. Or la loi européenne (AFIR) a imposé la facturation au kWh, où ce plafond ne change rien à la note. Sauf que les badges d'itinérance, par lesquels passe l'immense majorité des paiements, réintroduisent une taxe à la minute — et là, tout bascule : à énergie strictement égale, une citadine bridée à 50 kW peut payer 4,6 fois plus longtemps, donc 14 € de plus par charge, qu'une 800V. Nous l'avons calculé, modèle par modèle, opérateur par opérateur, et rendu manipulable dans un compteur. C'est l'argent brûlé : celui qu'on paie non pour de l'électricité, mais pour sa propre lenteur.
La facture d'une recharge rapide se joue sur deux variables cachées : la puissance DC que le modèle encaisse (de 30 à 320 kW selon les 60 best-sellers, fracture 400V/800V) et le mode de paiement. Au kWh (socle AFIR), tout le monde est à égalité. Mais via un badge d'itinérance à la minute, un modèle bridé à 50 kW paie 14 € de plus qu'une 800V pour la même énergie — parce qu'il occupe la borne 4,6 fois plus longtemps.
Mais l'AFIR a précisément tué la facturation à la minute pour l'énergie : les grands réseaux (Ionity, Tesla, Fastned, Electra) facturent le kWh, où l'écart de prix disparaît. La taxe à la minute ne subsiste que via certains badges d'itinérance et les frais d'occupation — un cas défavorable, pas la norme. Par ailleurs les petites voitures ont de petites batteries et rechargent surtout à domicile : brancher une citadine sur une borne 350 kW est un mauvais usage, pas une fatalité.
Sur une borne 350 kW, avec un badge d'itinérance qui facture 0,30 €/kWh + 0,30 €/min, notre moteur mesure : la Renault Zoé (bridée à 50 kW) reste 60 minutes branchée et paie 30,00 € — dont 18,00 € de pure taxe temporelle. La Kia EV6 (800V), pour les mêmes 40 kWh, repart en 13 minutes et paie 15,90 €. Même borne, même électricité, 14 € d'écart. Au kWh pur, les deux paieraient 12,00 € : c'est la minute, réintroduite par le badge, qui fabrique l'inégalité.
Karim et Élodie, même tournée, deux factures
Deux commerciaux, la même route, la même énergie rechargée. À la fin du mois, un écart que rien, sur le ticket, n'explique.
Karim et Élodie font la même tournée régionale, s'arrêtent à la même station, sur la même borne rapide. Ils rechargent, chaque fois, la même quantité d'électricité. À la fin du mois, Karim a payé près de deux fois plus qu'Élodie. Ni fraude, ni erreur : le système a fonctionné exactement comme prévu.
La différence tient à leurs voitures. Élodie roule dans une Kia EV6, dont l'architecture 800V encaisse jusqu'à 240 kW. Karim a choisi une Peugeot e-208, best-seller français, économe, parfaite pour la ville — mais dont l'électronique plafonne la charge rapide à 100 kW. Sur le papier, deux voitures électriques. À la borne, deux mondes.
Le jour où ils comparent leurs relevés, ils tombent sur l'anomalie. Pour une même charge — 40 kWh, un plein utile — payée avec le même badge d'itinérance sur une borne 350 kW, Élodie a mis 13 minutes et payé 15,90 € ; Karim, 30 minutes et 21,00 €. Le même courant. La même prise. 5,10 € d'écart — et l'e-208 n'est même pas le pire cas.
Sur les 60 modèles les plus vendus, le plafond va de 30 kW (Dacia Spring) à 320 kW (Porsche Taycan) : un écart de 10,7 fois. La poignée de modèles en architecture 800V (8 sur 60, soit 13 %) charge en médiane 2,0 fois plus vite que les 400V. C'est cette fracture matérielle, invisible sur le ticket, qui décide de la facture.
Le kilowatt (kW) mesure une puissance — le débit, comme celui d'un robinet. Le kilowattheure (kWh) mesure une quantité d'énergie — le volume dans le seau, ce que contient votre batterie. Une borne de 350 kW peut remplir vite ; mais si votre voiture n'accepte que 50 kW, elle se remplit lentement, comme un gros tuyau branché sur un petit robinet. Vous payez alors pour le temps, pas pour l'eau.
Sur les 60 modèles les plus vendus, la puissance de charge va de 30 à 320 kW. Seuls 8 (13 %) adoptent l'architecture 800V qui charge le plus vite ; 24 plafonnent à 100 kW ou moins. Ce chiffre, absent des publicités, décide à lui seul de ce que vous paierez sur autoroute.
La fracture 400V / 800V, le vrai clivage du marché
Sous le capot, deux familles de voitures que tout oppose à la borne — et que rien ne distingue sur le ticket de caisse.
La maîtrise de la puissance de charge est le nerf de la guerre de la mobilité électrique. Le marché affiche aujourd'hui une fracture technologique massive entre les plateformes historiques en 400 volts et les nouvelles architectures en 800 volts. Doubler la tension, c'est — à courant égal — doubler la puissance encaissée sans faire fondre les câbles : c'est le secret des charges les plus rapides.
La tension (volts) et l'intensité (ampères) déterminent ensemble la puissance (watts). Pour charger plus vite, on peut monter l'intensité — mais elle chauffe et use les câbles — ou monter la tension. Les plateformes 800V (Hyundai E-GMP, Porsche/Audi PPE) encaissent 230 à 320 kW sans surchauffe ; les 400V, plus simples et moins chères, plafonnent le plus souvent entre 100 et 175 kW. Ce choix d'ingénierie, fait à la conception, vous suit pendant toute la vie de la voiture.
Dans notre référentiel des 60 best-sellers, la ligne de fracture est nette : les 8 modèles 800V (Hyundai Ioniq 5 et 6, Kia EV6 et EV9, Porsche Taycan, Audi e-tron GT) chargent en médiane 2,0 fois plus vite que les 400V. À l'autre bout, 4 modèles restent scotchés à 30–50 kW — Dacia Spring, Renault Zoé, Nissan Leaf — des voitures conçues pour la ville et la prise domestique, pas pour l'autoroute.
À énergie strictement égale, la Zoé E-Tech monopolise la borne 60 minutes — le temps que la Taycan en fasse 7 pleins. C'est ce temps d'occupation, dès qu'il est facturé, qui devient l'argent brûlé — et, accessoirement, ce qui sature les bornes aux heures de pointe.
Connaître le plafond technique de sa propre voiture est fondamental pour la rentabilité d'un trajet. Lorsqu'une batterie est bridée par conception à 50 kW, se brancher sur un superchargeur de 350 kW facturé au temps est un gouffre : la borne ne délivrera jamais plus que ce que le véhicule sait digérer. On loue une Ferrari pour rouler à 30.
Une borne 350 kW ne « pousse » pas 350 kW dans toutes les voitures : elle est limitée par le plafond du véhicule. La citadine bridée occupe la borne exactement aussi longtemps qu'elle le ferait sur une borne 50 kW — elle plafonne de toute façon. Payer l'accès à un débit qu'on est incapable de consommer, c'est le début du scandale.
Le vrai coupable : le badge, pas la borne
La loi a chassé la taxe à la minute par la porte. Les cartes de mobilité l'ont fait revenir par la fenêtre.
Il faut ici rendre justice aux opérateurs de bornes. Une donnée réglementaire cruciale a tout changé : la directive européenne AFIR a forcé l'immense majorité des opérateurs (CPO) à basculer sur une tarification au kWh pour la charge rapide, abandonnant la facturation stricte à la minute qui pénalisait les véhicules lents. Sur notre grille des 20 principaux réseaux, tous facturent désormais l'énergie — de 0,30 € à 0,60 € le kWh.
Depuis la directive AFIR, tous les grands réseaux facturent l'énergie au kWh — de 0,30 € (IECharge) à 0,60 € (Powerdot), soit 2 à 3 fois le tarif domestique. À ce jeu, une voiture lente et une voiture rapide paient le même kWh. La taxe à la minute ne revient qu'ensuite, par les badges d'itinérance et les frais d'occupation.
À ce jeu, Karim et Élodie paient le même kWh : l'énergie ne connaît pas la marque de la voiture. Le scandale devrait s'arrêter là. Sauf qu'il y a un maillon de plus dans la chaîne — celui par lequel passe presque tout le monde.
Très peu d'utilisateurs paient par carte bancaire directe (souvent fastidieux sur les bornes). Ils utilisent des badges d'itinérance — les e-Mobility Providers (EMP) : Chargemap, ChargePoint, Freshmile, Ulys. Ce sont ces intermédiaires qui, pour se rémunérer sur l'itinérance, réintroduisent massivement la tarification à la minute. Un badge comme Freshmile facture, sur une borne autoroutière, 0,30 €/kWh plus 0,30 €/min. Et la minute, elle, connaît très bien la marque de la voiture.
Le gagnant : la 800V (Kia EV6, 240 kW) remplit ses 40 kWh en 13 min → 3,90 € de taxe temporelle, indolore. Le perdant absolu : la Zoé bridée à 50 kW reste branchée 60 min pour la même énergie → 18,00 € de taxe. Le conducteur paie le temps d'occupation de l'infrastructure — transformant son véhicule « économique » en gouffre financier autoroutier.
Au kWh pur, tout le monde paie 12,00 € : l'énergie ne connaît pas la marque de la voiture. Mais dès qu'un badge d'itinérance ajoute 0,30 €/min, la Zoé E-Tech, qui reste 60 minutes branchée, voit 18,00 € de taxe s'empiler — contre 3,90 € pour la EV6 qui repart en 13 min. Même électricité, 14,10 € d'écart.
Et même quand le badge facture au kWh, la minute rôde : beaucoup de réseaux ajoutent des frais d'occupation (idle fee) au-delà d'un certain temps ou une fois la charge finie — Ionity, Tesla, Carrefour, Lidl en tête. La voiture lente, qui reste longtemps, est toujours la première exposée. Chassée par la loi, la taxe au temps revient toujours par une porte dérobée.
Le compteur d'argent brûlé
Assez de moyennes. Choisissez votre modèle, votre borne, votre badge — et voyez, en euros, ce que la lenteur vous coûte.
Pour rendre le mécanisme tangible, nous l'avons transformé en instrument, branché sur les 50 modèles réels et les 20 opérateurs. Choisissez votre voiture, la borne, et la façon dont vous payez. Le compteur calcule, en direct, ce que vous payez en trop face à une 800V — pour exactement la même énergie.
Le Compteur d'Argent Brûlé
Choisis ton modèle, la borne et ton moyen de paiement. Le compteur calcule ce que tu paies en trop, pour la même énergie, face à une 800V qui charge vite.
Pour 40 kWh — la même énergie — tu paies 5,10 € de plus qu'une Kia EV6 (800V), parce que tu restes 17 min de plus sur la borne, facturées 0,30 €/min. Même électricité, même prise.
Puissances DC réelles des 50 modèles (fiches constructeurs 2024-2026) × grille des 20 opérateurs FR et badges d'itinérance. Énergie de référence : 40 kWh (un plein utile 20→80 %). Courbe de charge simplifiée (rendement moyen 80 %). Ordre de grandeur, pas devis.
Choisissez un opérateur au kWh : l'écart entre modèles disparaît — l'énergie est l'énergie. Basculez sur un badge à la minute : l'écart explose, et plus votre voiture est bridée, plus la facture s'envole. Réglez la borne sur 50 kW : là encore tout s'égalise, puisque même la 800V est ramenée au niveau de la citadine. Le scandale n'existe qu'au croisement précis d'une voiture lente, d'une borne rapide et d'un paiement au temps.
« On ne paie pas l'électricité, on paie la vitesse à laquelle on est capable de la boire. Les plus modestes boivent lentement — et paient le plus cher. »
— L'enquête
Le verdict du compteur est net. Avec un badge à la minute sur une borne 350 kW, chaque recharge coûte à la Zoé 14 € de plus qu'à une EV6 ; à la Peugeot e-208, 5 € de plus. Pour un conducteur qui fait 40 recharges rapides par an, cela représente 204 € à 564 € brûlés — non pour rouler plus, mais pour rouler pareil, plus lentement.
Le scandale, et ses limites
Avant de conclure, il faut instruire les objections — sérieuses — qui bornent la portée de ce calcul.
Notre démonstration force volontairement le trait sur un cas précis : la borne ultra-rapide payée avec un badge à la minute. Cette situation existe et concerne beaucoup de monde, mais elle n'est ni la seule ni la plus favorable au réquisitoire. Voici, à charge de notre propre thèse, ce qui la nuance.
- 1L'AFIR a bel et bien tué la minute chez les opérateurs. Les 20 grands réseaux de notre grille facturent l'énergie au kWh. La taxe au temps ne subsiste que via certains badges d'itinérance et les frais d'occupation — répandue, mais évitable en payant au kWh (carte bancaire, badge sans composante minute).
- 2Les petites voitures ont de petites batteries. Une citadine bridée a souvent besoin de moins d'énergie : la facture absolue par charge reste modeste. Le scandale porte sur le prix du kWh réel et le temps, moins sur le montant d'une charge isolée.
- 3Une citadine n'a rien à faire sur une borne 350 kW. Le bon usage d'un modèle bridé, c'est la recharge lente à domicile ou au travail, où le kWh coûte 2 à 3 fois moins cher. Le surcoût ne frappe que ceux qui dépendent de la charge rapide — souvent faute de place de parking privée.
- 4Nos puissances sont des plafonds, nos durées des approximations. La puissance DC réelle varie avec la température, l'état de charge et la version exacte du modèle ; la courbe de charge est simplifiée. Les ordres de grandeur sont robustes, pas les décimales.
Le vrai clivage n'est pas citadine contre berline : c'est avec ou sans prise à domicile. Celui qui a un garage recharge la nuit à 0,20 €/kWh. Celui qui vit en appartement dépend de la charge publique rapide, la plus chère — et s'il roule dans un modèle abordable et bridé, payé par badge, il cumule les trois pénalités. La transition électrique a, elle aussi, sa géographie sociale.
Ces objections ne dissolvent pas le mécanisme : elles le circonscrivent. Là où la facturation au temps demeure — badges d'itinérance, frais d'occupation, temps perdu — la pénalité est réelle, chiffrable, et frappe d'abord les voitures les moins chères. Le scandale n'est pas partout ; mais là où il est, il est régressif.
Le verdict : payer le courant, pas la lenteur
Un principe simple, presque évident — et pourtant central pour que la voiture électrique tienne sa promesse d'accessibilité.
Cette enquête ne plaide pas contre les bornes rapides, ni contre les citadines abordables : les deux sont utiles, et leur rencontre n'est un problème que dans un cas de paiement précis. Elle plaide pour un principe limpide : on devrait payer l'électricité livrée, pas le temps qu'on met à la recevoir. Interdire la composante minute des badges, plafonner les frais d'occupation, afficher la puissance de charge réelle à l'achat : trois gestes qui suffiraient à éteindre le compteur d'argent brûlé.
Revenons à Karim et Élodie. Karim n'a pas moins bien choisi sa voiture : pour son usage — la ville, la recharge de nuit — la e-208 est le choix rationnel. Il a seulement eu le tort de se retrouver, un badge donné en main, sur une borne faite pour d'autres. Le système ne l'a pas trompé ; il l'a laissé payer sa lenteur au prix fort, sans jamais le lui dire.
La voiture électrique promet une mobilité moins chère et plus égalitaire. Cette promesse ne tiendra que si le prix reflète l'énergie, et non la capacité — souvent liée au revenu — d'acheter la vitesse. Tant qu'on facture la lenteur, on fait payer le plus cher à ceux qui ont le moins. Payer le courant, pas la lenteur : c'est tout ce que demande le compteur.
Le Compteur d'Argent Brûlé, plus haut, tourne sur le moteur ouvert de FranceMetrics et les 50 modèles réels : sélectionnez le vôtre, votre borne habituelle et votre badge. Vous verrez, en euros, si vous brûlez de l'argent — et combien, sur l'année.
Pour tout comprendre
Les mots de l'enquête
- kW (kilowatt)
- Une puissance : le débit de la recharge. Une borne « 350 kW » peut délivrer 350 kW — mais seulement si la voiture les accepte.
- kWh (kilowattheure)
- Une quantité d'énergie : ce que contient la batterie et ce que vous rechargez. 10 kWh ≈ 50 à 70 km. C'est la seule chose qu'on devrait payer.
- Puissance de charge DC
- La puissance maximale qu'une voiture accepte en charge rapide (courant continu). De 30 kW sur les modèles urbains à 320 kW sur le haut de gamme 800V.
- Architecture 400V / 800V
- La tension de la batterie. Le 800V (8 des 60 best-sellers) encaisse le plus de puissance sans surchauffe : les charges les plus rapides du marché. Le 400V, moins cher, plafonne plus bas.
- AFIR
- Règlement européen sur les infrastructures pour carburants alternatifs. Il impose notamment la tarification au kWh (et le paiement par carte bancaire) sur les bornes rapides — ce qui a fait reculer la facturation à la minute chez les opérateurs.
- CPO / EMP
- Le CPO (Charge Point Operator) exploite la borne et fixe le tarif au kWh. L'EMP (e-Mobility Provider) fournit le badge d'itinérance — et peut rajouter sa propre marge, parfois à la minute.
- Frais d'occupation (idle fee)
- Une pénalité par minute appliquée par certains réseaux quand on reste branché trop longtemps ou après la fin de charge. Elle réintroduit une facturation au temps, même sur une borne au kWh.
- Courbe de charge
- L'évolution de la puissance acceptée pendant la charge : forte batterie vide, elle chute au-delà de 80 % pour protéger les cellules. D'où la règle des 80 %.
La triangulation des données
Chaque affirmation de cette enquête est recoupée sur trois plans : notre donnée interne, une étude externe indépendante, et la littérature académique de cadrage. Rien ne repose sur une source unique.
| La question | Notre donnée | L'étude externe | La référence académique |
|---|---|---|---|
| Les puissances de charge varient-elles vraiment autant selon les modèles ? | Référentiel de 60 modèles : de 30 kW (Dacia Spring) à 320 kW (Porsche Taycan), 8 en 800V. | Fiches techniques constructeurs (ligne « puissance de charge DC ») ; observatoires AVERE-France. | Littérature sur les architectures 400V/800V, courbes de charge et C-rate des cellules lithium-ion. |
| L'AFIR a-t-il vraiment imposé le kWh ? | Grille des 20 CPO : tous facturent l'énergie au kWh (0,30 à 0,60 €). | Règlement (UE) 2023/1804 (AFIR) ; grilles publiques Ionity, Tesla, Fastned, Electra. | Travaux sur la régulation de la tarification de la recharge et l'itinérance. |
| Les badges d'itinérance réintroduisent-ils la minute ? | Badge à tarif hybride modélisé : 0,30 €/kWh + 0,30 €/min ; surcoût 14 € pour la Zoé vs EV6. | Grilles publiques des EMP (Chargemap, ChargePoint, Freshmile, Ulys) ; frais d'occupation Ionity/Tesla. | Analyses de la structure de coûts de l'itinérance (roaming) de la recharge. |
| Qui subit vraiment la pénalité ? | Le surcoût ne pèse que sur qui dépend de la charge rapide (pas de prise à domicile) avec un modèle bridé. | Données sur l'accès à une place de stationnement privée (INSEE ; enquêtes mobilité). | Travaux sur la « précarité de recharge » et l'équité de la transition électrique. |
Les garde-fous de l'enquête
- Les puissances DC sont des plafonds constructeurs (2024-2026) : la puissance réellement encaissée dépend de la température, de l'état de charge et de la version exacte du modèle. Pour les modèles à variantes, nous retenons la valeur haute (précisée dans le référentiel).
- La facturation à la minute pour l'énergie est devenue résiduelle chez les opérateurs (effet AFIR) : elle subsiste via certains badges d'itinérance et les frais d'occupation. Le scénario « badge à la minute » est un cas défavorable répandu, pas la norme universelle.
- Les tarifs (kWh par opérateur, composante minute des badges, domicile) sont des ordres de grandeur documentés 2024-2026, variables selon l'abonnement, l'heure et le réseau. Ils sont surchargeables dans le moteur.
- La courbe de charge est simplifiée (rendement moyen ~80 % du plafond, à énergie égale) : les vraies courbes sont continues et propres à chaque modèle. Les durées sont des approximations.
- Les petites voitures ont souvent de petites batteries : la facture absolue par charge peut rester modeste même quand le prix du kWh réel explose. Le scandale porte sur le €/kWh et le temps, pas sur le montant d'une charge isolée.
Les sources
- FranceMetricsLe Compteur d'Argent Brûlé (moteur de recharge ouvert, 50 modèles × 20 opérateurs)FranceMetrics
- Union européenneRèglement (UE) 2023/1804 (AFIR) — infrastructures pour carburants alternatifsInstitution
- AVERE-FranceBaromètre de la mobilité électrique & infrastructures de rechargeInstitution
- Constructeurs automobilesFiches techniques — puissance de charge DC des 50 modèlesInstitution
- Ionity / Tesla / Fastned / Electra / TotalEnergiesGrilles tarifaires publiques des réseaux de recharge rapideInstitution
- Chargemap / ChargePoint / Freshmile / UlysGrilles d'itinérance des badges de mobilité (EMP)Institution
- Commission de régulation de l'énergie (CRE)Recharge des véhicules électriques : tarification et régulationInstitution
Refaites les calculs de l'enquête
« 14 € de plus pour la même énergie — à cause du badge, pas du courant »
Enquête produite par la rédaction FranceMetrics à partir de données publiques et de moteurs de calcul ouverts. Les chiffres cités sont reproductibles avec nos simulateurs. Contenu informatif — ni conseil en investissement, ni recommandation personnalisée.
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