Grande EnquêteLa Reproduction
L'école promet l'égalité des chances. Nous avons relié l'origine sociale des collèges à ce que deviennent leurs élèves — et retrouvé un déterminisme que l'on croyait d'un autre siècle.
Un chiffre suffit à décrire un établissement en France : son Indice de Position Sociale, l'IPS, qui mesure le milieu des familles qui le fréquentent. La DEPP le publie pour chaque collège et lycée. Nous l'avons pris comme point de départ et suivi la trajectoire qu'il annonce : réussite au brevet, poursuite d'études, accès aux grandes écoles, salaire d'insertion. À chaque étape, la même pente — si régulière qu'elle ne laisse presque aucune place au hasard. L'école républicaine, dans ses résultats, ressemble d'abord à une machine à reproduire.
L'origine sociale d'un établissement, résumée par son IPS, prédit une part si large de la trajectoire de ses élèves — du brevet au salaire — que l'égalité des chances relève, statistiquement, davantage de l'exception que de la règle.
Mais une corrélation n'est pas une fatalité : des établissements « révélateurs » font bien mieux que leur milieu ne le laisse prévoir, et le poids de l'origine, s'il est massif, laisse une marge réelle que l'action publique et les trajectoires individuelles peuvent élargir.
Dans un collège très favorisé, environ 31 % d'une cohorte accédera à une CPGE ou une grande école ; dans un collège très défavorisé, à peine 2 %. Un facteur 15.5, qui se creuse à mesure qu'on monte dans la hiérarchie scolaire — et se solde, in fine, par un écart de salaire de 1040 € net par mois.
Le verdict de la sixième
Avant même le premier cours, un seul chiffre en dit long sur ce que l'enfant deviendra. Ce chiffre existe, et il est public.
Inès a onze ans et entre en sixième à Bobigny, en Seine-Saint-Denis. À trente kilomètres de là, Arthur a le même âge et fait sa rentrée à Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine. Deux enfants, deux collèges, une région. Statistiquement, tout — ou presque — les sépare déjà. Et le pire, c'est qu'un seul chiffre, public, permettait de le prédire avant même leur premier cours.
Ce chiffre, c'est l'Indice de Position Sociale — l'IPS. Il existe pour chaque collège et lycée de France, et pourtant peu de parents le connaissent. Il ne mesure ni la qualité des professeurs ni l'ambiance des couloirs : il mesure une seule chose, le milieu social des familles qui fréquentent l'établissement. C'est précisément ce qui le rend redoutable de pouvoir prédictif.
L'Indice de Position Sociale résume, en un nombre, le milieu social des familles d'un établissement : métier des parents, diplômes, conditions de vie. La moyenne nationale tourne autour de 103. En dessous de 90, l'établissement est plutôt défavorisé ; au-dessus de 130, plutôt privilégié. Le collège d'Inès affiche un IPS proche de 80 ; celui d'Arthur, autour de 145. Plus l'IPS est élevé, plus les élèves réussissent — et c'est justement ce lien que cette enquête met à l'épreuve.
La DEPP, le service statistique du ministère de l'Éducation nationale, calcule et publie cet indice pour chaque établissement. Nous l'avons pris comme point de départ et lui avons posé une question simple : que devient, en moyenne, un élève selon l'IPS de son collège ?
La réponse tient dans une seule image. Sur trois seuils décisifs de la scolarité — la mention Très Bien au brevet, la poursuite dans le supérieur, l'accès aux grandes écoles — l'écart entre le haut et le bas de l'échelle sociale n'est pas une nuance. C'est un gouffre.
Lecture : dans un établissement très favorisé, la part d'élèves accédant à une grande école est environ 15 fois supérieure à celle d'un établissement très défavorisé. Modèle FranceMetrics calibré sur les agrégats DEPP et MESR.
Le rapport atteint 1 à 15.5 pour l'accès aux grandes écoles. Là où la promesse républicaine devrait être la plus forte — les filières qui mènent au pouvoir et aux hauts revenus — la reproduction est la plus implacable.
On objectera qu'il s'agit de moyennes, que tout enfant peut déjouer les statistiques, que l'exception existe. C'est vrai. Mais l'exception ne dit rien de la règle — et la règle, ici, est d'une régularité qui devrait tous nous alerter.
L'atlas des chances
Ce n'est pas un seuil que l'on franchit, c'est une pente que l'on gravit. Et la pente ne s'interrompt jamais.
Aux États-Unis, l'économiste Raj Chetty a bouleversé le débat public avec l'Opportunity Atlas : une carte reliant le quartier d'enfance au revenu d'adulte, prouvant que le lieu où l'on grandit détermine causalement où l'on finit. La France n'a pas son atlas — mais elle a l'IPS, et il raconte la même histoire.
Si la reproduction n'était qu'un effet de bord — quelques collèges d'élite tirant la moyenne vers le haut — on verrait un plateau, puis un décrochage. Ce n'est pas ce que montre la donnée. La réussite monte continûment avec l'IPS, du bas jusqu'en haut, sans marche ni rupture.
Aucun décrochage, aucun plateau : la réussite scolaire suit l'origine sociale de manière presque linéaire. C'est la régularité de cette pente qui interdit d'y voir un hasard individuel. Ordre de grandeur calibré sur les résultats du brevet (DEPP).
De 12 % de mentions Très Bien dans les collèges les plus défavorisés à 58 % dans les plus favorisés, la courbe ne fléchit jamais. C'est cette linéarité qui est accablante : elle signifie que chaque point d'IPS gagné se traduit, en moyenne, par un surcroît de réussite. L'origine ne joue pas par seuils ; elle irrigue toute la distribution.
La carte des revenus est déjà la carte des notes
Cette pente n'est pas suspendue dans le vide : elle épouse la géographie des revenus. Là où les familles gagnent le plus, les collèges affichent les IPS les plus hauts et les meilleurs résultats ; là où les revenus sont bas, tout s'aligne vers le bas. La carte du niveau de vie et la carte de la réussite scolaire se superposent presque parfaitement.
Par département, la fracture saute aux yeux : Paris, les Hauts-de-Seine, les Yvelines et la Haute-Savoie en tête ; la Seine-Saint-Denis, le nord (Aisne, Pas-de-Calais) et le pourtour méditerranéen (Aude, Pyrénées-Orientales) au plus bas. Cette géographie du revenu annonce celle de l'IPS et des résultats scolaires. Source : INSEE Filosofi 2021.
Parce que l'IPS d'un collège n'est, au fond, qu'un reflet du revenu et du diplôme des familles autour de lui. Regarder la carte des revenus, c'est regarder la carte des IPS avant qu'elle ne devienne la carte des mentions au brevet, puis celle des salaires. La même géographie se rejoue à chaque étape.
« L'exception individuelle sauve les consciences. La régularité statistique, elle, décrit une société. »
— L'enquête
Une corrélation aussi régulière et aussi forte ne prouve pas que l'origine cause tout — mais elle établit que le système, tel qu'il fonctionne, transforme un écart de départ social en écart d'arrivée scolaire, marche après marche, sans le corriger.
Deux collèges, deux mondes
La reproduction n'est pas qu'une affaire de familles : elle est aussi inscrite dans la carte scolaire elle-même.
Pourquoi l'IPS pèse-t-il autant ? Parce que la France ne se contente pas d'avoir des familles inégales : elle les répartit dans des établissements séparés. C'est ce que les statisticiens appellent la ségrégation scolaire — et sur ce terrain, la France est mauvaise élève.
L'écart d'IPS moyen entre le privé sous contrat (115) et le public (101) atteint 14 points. Mais l'essentiel de la ségrégation se joue à l'intérieur même du public : d'un quartier à l'autre d'une même ville, deux collèges peuvent afficher des IPS séparés de 50 points — soit deux mondes sociaux qui ne se croisent jamais entre 11 et 15 ans.
L'Île-de-France en offre la démonstration la plus crue. Deux départements s'y touchent, séparés par la Seine et par un gouffre : les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis.
Deux départements voisins, deux mondes : 11 100 € d'écart de niveau de vie médian entre les Hauts-de-Seine (vert) et la Seine-Saint-Denis (rouge), et un taux de pauvreté 2.3× plus élevé (27,9 % contre 12 %). Cette carte des revenus est aussi, presque trait pour trait, la carte de l'IPS des collèges. Source : INSEE Filosofi.
Le niveau de vie médian passe de 29 400 € dans les Hauts-de-Seine à 18 300 € en Seine-Saint-Denis — 11 100 € d'écart entre deux départements limitrophes — et le taux de pauvreté y est 2.3 fois plus élevé (27,9 % contre 12 %). C'est, très exactement, la frontière qui sépare le collège d'Arthur de celui d'Inès. Trente kilomètres, deux trajectoires probables opposées.
On parle de ségrégation scolaire quand les enfants favorisés et défavorisés ne fréquentent pas les mêmes établissements — parce qu'ils n'habitent pas les mêmes quartiers, ou parce que les familles aisées évitent certains collèges (privé, dérogations). Résultat : des établissements très homogènes socialement, où les uns se tirent vers le haut et les autres restent entre eux. La France est, sur ce point, l'un des pays les plus ségrégués d'Europe.
Cette séparation physique a un effet propre, indépendant des familles : un bon élève de milieu modeste scolarisé parmi ses pairs favorisés progresse davantage que le même élève relégué dans un établissement homogène défavorisé. La composition sociale de l'établissement agit comme un multiplicateur — favorable en haut, défavorable en bas. La carte scolaire n'est pas neutre : elle amplifie les écarts qu'elle est censée corriger.
Concentrer les élèves favorisés d'un côté et les défavorisés de l'autre, c'est priver les seconds de l'effet d'entraînement dont bénéficient les premiers. La ségrégation n'est pas seulement injuste : elle est contre-productive pour la performance d'ensemble du système.
Le mur de PISA
Vue de l'étranger, l'anomalie française saute aux yeux : nulle part ailleurs, ou presque, l'origine ne détermine autant.
Tous les trois ans, l'enquête PISA de l'OCDE mesure les compétences des élèves de 15 ans dans le monde. Elle publie aussi, plus discrètement, un indicateur redoutable : la force du lien entre l'origine sociale et les résultats. Sur ce critère, la France figure régulièrement parmi les pays les plus inégalitaires du monde développé.
L'écart de score en mathématiques entre le quart le plus favorisé et le quart le plus défavorisé des élèves français atteint environ 113 points — soit, à l'échelle PISA, l'équivalent de près de 2.5 années de scolarité. À 15 ans, avant même l'orientation, deux élèves français du même âge peuvent être séparés par deux ans et demi d'apprentissage selon le seul milieu de leurs parents.
« La France ne produit pas de mauvais élèves ; elle produit une élite performante et laisse décrocher ceux qu'elle n'aide pas. C'est un choix, pas une fatalité. »
Ce constat déplace le débat. Le problème français n'est pas le niveau moyen — honorable — mais sa dispersion : un système qui excelle à faire réussir les enfants déjà favorisés et peine à faire progresser les autres. L'égalité des chances n'y est pas seulement imparfaite ; elle y est structurellement plus faible que chez la plupart de nos voisins.
PISA note les élèves de 15 ans sur une échelle où 20 points valent, en gros, une année de scolarité. L'écart de 113 points entre les élèves français les plus et les moins favorisés correspond donc à environ 2 ans et demi d'école : à 15 ans, avant même l'orientation, deux adolescents du même âge peuvent être séparés par deux ans et demi d'apprentissage — selon le seul milieu de leurs parents.
L'ascenseur en panne
Au bout de la chaîne, l'école se convertit en salaire. Et l'écart de départ ne s'est pas refermé — il s'est monnayé.
Une inégalité scolaire ne serait qu'une injustice abstraite si elle ne se traduisait pas, à la fin, en euros. Or c'est exactement ce qui se produit. Le parcours scolaire détermine le diplôme atteint ; le diplôme détermine le salaire d'insertion. Nous avons relié les deux bouts de la chaîne.
L'écart de départ à l'école devient un écart de salaire : +1040 € par mois entre les deux extrêmes, soit environ 62 % de plus. La trajectoire scolaire se convertit en trajectoire de revenu. Sources : enquêtes d'insertion MESR (salaire_net_median par filière).
L'écart de départ à l'école devient un écart de fiche de paie : environ +1040 € net par mois entre les élèves issus des établissements les plus et les moins favorisés — près de 62 % de plus, dès les premières années de vie active, avant même que les carrières ne divergent davantage.
Cet écart se cumule sur une vie. Et il se transmet : l'enfant du salarié mieux payé grandira dans un meilleur quartier, fréquentera un collège à l'IPS plus élevé, et repartira en tête au tour suivant. C'est la boucle de la reproduction. L'OCDE l'a chiffrée : en France, il faudrait environ 6 générations pour qu'un descendant d'une famille modeste rejoigne le revenu moyen — contre 4.5 en moyenne dans l'OCDE.
Une génération, c'est environ 25 à 30 ans. Dire qu'il faut six générations pour qu'une famille pauvre rejoigne le revenu moyen, c'est dire qu'il faudrait attendre plus de 150 ans — les arrière-arrière-petits-enfants d'Inès. Dans les pays du nord de l'Europe, deux ou trois générations suffisent. La France ne manque pas d'ascenseur social : elle en a un particulièrement lent.
De 2 % à 31 % : le rapport est de 1 à 15.5. C'est à l'entrée des filières d'élite que la reproduction est la plus brutale — bien davantage qu'au brevet.
L'école ne crée pas l'inégalité de départ — elle la reçoit. Le problème, c'est qu'au lieu de la réduire, le système la valide, la certifie par le diplôme, puis la convertit en salaire. La reproduction n'est pas un accident du parcours : elle en est le produit.
Les révélateurs, ou la part de liberté
Le déterminisme est massif. Il n'est pas total. Et c'est dans cet écart que tout se joue.
Si cette enquête s'arrêtait au constat, elle serait aussi juste que stérile. Car la corrélation, aussi forte soit-elle, n'explique jamais 100 % des trajectoires. Il reste une marge — et cette marge a un nom dans nos données : les établissements révélateurs.
Ce sont ces collèges à l'IPS modeste dont les élèves réussissent nettement mieux que leur milieu ne le laissait prévoir. En neutralisant l'origine sociale — en comparant chaque établissement à ses pairs de même IPS plutôt qu'à la moyenne nationale — on isole ce que l'établissement lui-même apporte. Certains sur-performent spectaculairement. Ils prouvent que la pente sociale peut être remontée.
- 1Le climat et les attentes. Les établissements qui refusent de baisser leurs exigences pour cause de milieu défavorisé obtiennent des résultats supérieurs à leurs pairs sociaux. L'effet d'attente est mesurable.
- 2La mixité sociale. Là où la carte scolaire mélange les milieux plutôt que de les séparer, l'effet d'entraînement joue — et l'écart se resserre sans que les favorisés n'y perdent.
- 3L'accompagnement ciblé. Cordées de la réussite, internats d'excellence, dispositifs d'ouverture aux grandes écoles : ils ne renversent pas la statistique, mais ils déplacent des trajectoires individuelles, une à une.
La reproduction décrit une tendance lourde, pas un verrou. L'IPS prédit la moyenne d'un établissement, jamais le destin d'un élève. Des collèges défavorisés battent leur pronostic ; des enfants déjouent la statistique chaque année. Le rôle de l'action publique — et de l'information — est d'élargir cette marge de liberté.
C'est pourquoi nous publions l'IPS et le Score de Confiance de chaque établissement, y compris le mérite ajusté qui distingue les révélateurs. Non pour assigner les enfants à leur origine, mais pour rendre visible ce que la moyenne cache : les établissements qui, à milieu égal, font mieux. Nommer la reproduction, c'est déjà commencer à la combattre.
Revenons à Inès et Arthur. La statistique donne Arthur gagnant sur presque toute la ligne — c'est le poids de la reproduction, et il est réel. Mais elle ne referme aucune porte pour Inès : un collège révélateur, un professeur qui n'abaisse pas ses exigences, une cordée vers une grande école, et sa trajectoire dévie de la moyenne. Notre rôle n'est pas de lui assigner son origine ; c'est de rendre visibles les établissements et les dispositifs qui, à milieu égal, changent la donne.
L'IPS, les résultats au brevet et au bac, le Score de Confiance et le badge « révélateur » de chaque collège et lycée sont consultables sur nos fiches établissements. Regardez au-delà de la moyenne : cherchez ceux qui dépassent leur pronostic social.
Pour tout comprendre
Les mots de l'enquête
- IPS (Indice de Position Sociale)
- Un nombre publié par la DEPP pour chaque école : il résume le milieu social des familles (profession, diplômes). Moyenne ≈ 103 ; en dessous de 90, défavorisé ; au-dessus de 130, privilégié.
- Niveau de vie médian
- Le revenu disponible d'un ménage, ramené par personne : la moitié des habitants du territoire vit avec moins, l'autre avec plus. Un bon résumé du niveau de richesse local.
- Taux de pauvreté
- La part des habitants vivant avec moins de 60 % du niveau de vie médian national — le seuil de pauvreté monétaire (environ 1 200 € par mois pour une personne seule).
- Ségrégation scolaire
- Le fait que les élèves favorisés et défavorisés fréquentent des établissements séparés, très homogènes socialement — ce qui amplifie les écarts au lieu de les corriger.
- PISA
- Enquête de l'OCDE mesurant tous les 3 ans les compétences des élèves de 15 ans. 20 points d'écart ≈ une année de scolarité.
- Mention Très Bien
- La plus haute distinction au brevet (moyenne ≥ 16/20). Sa fréquence varie fortement selon le milieu social de l'établissement.
La triangulation des données
Chaque affirmation de cette enquête est recoupée sur trois plans : notre donnée interne, une étude externe indépendante, et la littérature académique de cadrage. Rien ne repose sur une source unique.
| La question | Notre donnée | L'étude externe | La référence académique |
|---|---|---|---|
| L'origine sociale prédit-elle la réussite scolaire ? | Gradient IPS → mention TB continu (11 % à 58 %), sur nos fiches établissements DEPP. | DEPP, « Géographie de l'École » : corrélation forte IPS / résultats, tous niveaux. | Bourdieu & Passeron, « La Reproduction » (1970) — l'école légitime les héritages culturels. |
| La France est-elle un cas particulier ? | Écart modélisé favorisés/défavorisés considérable à chaque seuil. | PISA / OCDE : écart ~113 pts (≈ 2.5 ans), parmi les plus élevés de l'OCDE. | OCDE, « L'ascenseur social en panne ? » (2018) — 6 générations en France vs 4,5 en moyenne. |
| La ségrégation scolaire aggrave-t-elle l'écart ? | Écart d'IPS public/privé (+14) et entre collèges publics d'une même ville. | DEPP / France Stratégie : indices de ségrégation sociale entre établissements élevés. | Effet de composition (peer effects) — la mixité améliore les plus faibles sans nuire aux plus forts. |
| L'écart scolaire devient-il un écart de revenu ? | Salaire d'insertion modélisé de 1 680 € à 2 720 € selon l'origine (via diplôme atteint, données MESR). | Enquêtes d'insertion MESR : salaire net médian très corrélé au niveau de diplôme. | Chetty et al., Opportunity Atlas — le lieu d'enfance prédit causalement le revenu d'adulte. |
Les garde-fous de l'enquête
- Le gradient présenté est produit par un MODÈLE transparent, calibré sur des agrégats publiés (DEPP, MESR, PISA/OCDE), et non par une jointure individuelle élève-par-élève : il décrit des ordres de grandeur robustes, pas des taux exacts au point de pourcentage.
- Corrélation n'est pas causalité. L'IPS capte le milieu social ; il se confond avec d'autres facteurs (capital culturel, territoire, offre scolaire) dont la part respective fait débat.
- L'IPS est une moyenne d'établissement : il ne prédit jamais la trajectoire d'un élève donné. La dispersion intra-établissement est réelle et importante.
- Le salaire d'insertion est reconstitué via le diplôme moyen atteint, non observé directement par origine sociale de l'établissement : c'est une chaîne de médianes, pas un suivi de cohorte.
- Les établissements « révélateurs » montrent que l'effet-établissement existe : la statistique agrégée ne doit pas servir à assigner un enfant à son origine.
Les sources
- DEPP (Éducation nationale)Indice de position sociale (IPS) des établissements (2023)Institution
- DEPPRésultats définitifs au diplôme national du brevetInstitution
- MESRInsertion professionnelle des diplômés — salaire net médian par filièreInstitution
- OCDE — PISA 2022Équité et origine socio-économique des résultats (2023)Institution
- OCDEL'ascenseur social en panne ? Comment favoriser la mobilité sociale (2018)Institution
- France StratégieLa ségrégation sociale entre établissements scolairesInstitution
- R. Chetty, N. Hendren et al.The Opportunity Atlas: Mapping the Childhood Roots of Social Mobility (2018)Académique
- P. Bourdieu & J.-C. PasseronLa Reproduction. Éléments pour une théorie du système d'enseignement (1970)Académique
Refaites les calculs de l'enquête
« Grandes écoles : un rapport de 1 à 15.5 selon l'établissement »
Enquête produite par la rédaction FranceMetrics à partir de données publiques et de moteurs de calcul ouverts. Les chiffres cités sont reproductibles avec nos simulateurs. Contenu informatif — ni conseil en investissement, ni recommandation personnalisée.
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