Grande EnquêteLe Mur de la Rentabilité
Acheter sa résidence principale a longtemps été la première marche du patrimoine. Nous avons calculé, ville par ville, l'année où cette marche disparaît — et découvert un mur.
Dans la France de 2025, une phrase résiste à tout : « louer, c'est jeter l'argent par les fenêtres ». Nous l'avons prise au mot et passée au moteur. Sur douze marchés réels, avec les prix des notaires, les loyers de l'ANIL et les taux de crédit du moment, nous avons calculé le point mort : la durée de détention au-delà de laquelle acheter enrichit davantage que louer et placer la différence. Le résultat n'est pas une nuance — c'est une fracture. Dans les grandes métropoles, ce point mort a purement et simplement disparu de l'horizon d'une vie normale de propriétaire.
Dans les métropoles chères, la hausse des taux et le décrochage prix/loyer ont repoussé le point mort de l'achat au-delà de vingt ans : y acheter sa résidence principale n'est plus, financièrement, une évidence.
Mais un logement n'est pas un placement comme un autre : épargne forcée, protection contre le loyer à vie, valeur d'usage et effet de levier changent l'équation — et la plupart des locataires ne placent jamais vraiment la différence.
À budget logement identique, un ménage qui loue un 60 m² parisien et place méthodiquement l'écart termine, après 20 ans, environ 74 k€ au-dessus de celui qui a acheté le même bien — frais de notaire, intérêts et frais de revente compris. Les deux courbes de patrimoine ne se croisent jamais.
Le point de bascule invisible
Deux voisins, le même appartement, le même budget. L'un achète, l'autre loue et place. Vingt ans plus tard, la comptabilité dément l'intuition.
Julien et Sarah ont 32 ans, le même métier, le même salaire, et le même rêve : un 60 m² à Paris, affiché 576 000 €. Julien signe chez le notaire. Sarah, elle, loue le bien d'à côté et place chaque mois l'argent qu'elle n'immobilise pas. Vingt ans plus tard, lequel des deux aura le plus gros patrimoine ?
Posée ainsi, la question paraît absurde : bien sûr que c'est Julien, le propriétaire. Sarah « jette son argent par les fenêtres ». C'est ce que tout le monde pense — et c'est précisément cette évidence que nous allons passer au moteur.
L'intuition collective répond sans hésiter : l'acheteur. Il aura « remboursé un bien », l'autre aura « payé un loyer à fonds perdu ». Cette conviction est si profonde qu'elle structure toute une vie financière — on épargne pour l'apport, on achète dès qu'on le peut, on considère la location comme une salle d'attente.
Nous avons remplacé l'intuition par un moteur de calcul. À chaque année, l'acheteur paie sa mensualité, sa taxe foncière, ses charges et son entretien ; le locataire paie son loyer et place la différence au rendement prudent d'un patrimoine mixte assurance-vie / ETF. À la revente, on solde le crédit, on retire les frais d'agence, et on compare les deux patrimoines nets. Aucun biais militant : les mêmes euros, des deux côtés.
L'idée du calcul est simple et équitable. Acheter immobilise beaucoup d'argent (apport, frais de notaire, mensualités élevées). Le locataire, lui, dépense moins pour se loger : à condition qu'il place chaque mois l'écart sur une assurance-vie ou un ETF, il se constitue un capital pendant que l'acheteur rembourse. À la fin, on compare les deux patrimoines. C'est tout le débat : la pierre, ou l'épargne placée ?
À budget logement égal, l'écart reste favorable au locataire pendant les 20 ans : 74 k€ d'avance au terme. Les deux courbes ne se croisent jamais dans l'horizon — c'est la définition du « mur ».
Après vingt ans, Sarah — qui a loué et placé — est environ 74 k€ plus riche que Julien, qui a acheté le même bien. Ce n'est pas un cas particulier : c'est le résultat central du calcul, aux hypothèses médianes du marché de 2025.
Ce chiffre heurte parce qu'il contredit une évidence culturelle. Mais il ne dit pas « n'achetez jamais ». Il dit qu'il existe une durée de détention en dessous de laquelle acheter appauvrit — et que, dans les villes chères, cette durée a franchi le plafond d'une vie de propriétaire ordinaire. Cette durée a un nom : le point mort.
Ce que dit vraiment la carte des points morts
Le point mort n'est pas une abstraction parisienne. Calculé sur douze marchés, il dessine une France coupée en deux.
Nous avons appliqué le même moteur à douze villes, des plus chères aux plus abordables. Pour chacune, une seule question : combien d'années faut-il garder le bien pour qu'acheter finisse par l'emporter sur louer-et-placer ? En dessous, l'achat détruit de la valeur ; au-dessus, il en crée.
Hypothèses centrales : taux 3.3 %, apport 10 %, appréciation 2.0 %/an, placement alternatif 3.5 %/an net, surface 60 m². Une barre à 21 signale un point mort au-delà de l'horizon de 20 ans.
C'est le nombre d'années pendant lesquelles il faut garder son logement pour qu'acheter finisse par rapporter plus que louer et placer son épargne à côté. En dessous, acheter fait perdre de l'argent ; au-dessus, il en fait gagner. Un point mort à 5 ans est une bonne affaire ; à « plus de 20 ans », c'est le mur.
En rouge, les métropoles où acheter ne rattrape jamais louer-et-placer dans l'horizon de 20 ans — le mur. En vert, les villes où l'achat redevient vite gagnant. La carte de la rentabilité de la pierre n'est pas nationale : elle est locale.
La lecture est brutale. À Paris, Lyon et Bordeaux, le point mort sort de l'horizon : même après vingt ans, l'acheteur reste derrière. À l'inverse, dans les villes où le prix au m² est resté raisonnable — Lille (6 ans), Marseille (8 ans), Saint-Étienne (3 ans) — acheter redevient vite gagnant. La frontière n'est pas géographique, elle est arithmétique.
La mécanique cachée : le rendement décroche avec le prix
Pourquoi cette fracture ? Parce que dans les villes chères, les loyers n'ont pas suivi les prix. Le rapport entre ce qu'un bien coûte et ce qu'il « rapporte » en loyer — le rendement brut — s'effondre à mesure que le prix au m² grimpe.
Plus une ville est chère, moins le loyer y « rapporte » : le rendement brut passe de 3,4 % à Paris à plus de 8 % à Saint-Étienne. C'est ce décrochage prix/loyer qui, combiné aux taux, dresse le mur. Sources : prix Notaires-INSEE, loyers ANIL.
À Paris, un bien ne « rend » que 3.4 % brut par an ; à Saint-Étienne, 8.4 %. Or c'est ce rendement qui doit financer les intérêts, la taxe foncière, l'entretien — et battre le placement alternatif. Quand il tombe sous le coût de portage, acheter revient à payer cher un actif qui travaille peu.
Le mur n'est pas dressé par le prix seul, ni par le loyer seul, mais par leur écart. Les métropoles ont vu leurs prix décoller sans que les loyers suivent : c'est ce grand écart qui a rendu l'achat non rentable à horizon d'une vie.
Le mur s'est levé avec les taux
Le décrochage prix/loyer était ancien. Ce qui a transformé une inefficience en mur, c'est le choc de crédit de 2022-2023.
Le décrochage prix/loyer couvait depuis vingt ans. S'il n'a pas empêché des millions de Français d'acheter avec profit, c'est qu'un anesthésiant masquait la douleur : l'argent gratuit. Entre 2015 et 2021, on empruntait à 1 %. À ce prix, le coût de portage d'un crédit était si faible que même un rendement locatif médiocre suffisait à rendre l'achat gagnant.
Même bien, même ville, même prix : à 1,1 % (fin 2021) l'achat devenait gagnant en 8 ans ; à 2 %, en 14 ans ; au-delà de 3 %, jamais dans l'horizon. Le mur n'a pas été bâti par les prix seuls — il a été soulevé par le crédit. Source : simulateur FranceMetrics, barème CSA/Crédit Logement.
Le graphique dit tout. À 1,1 % — le taux de la fin 2021 — acheter à Paris devenait gagnant dès la 8ᵉ année : la pierre restait un bon calcul. À 2 %, le point mort glisse à 14 ans. Au-delà de 3 %, il sort de l'horizon. Rien d'autre n'a changé : ni le prix, ni le loyer, ni la ville. Seul le loyer de l'argent.
« Le mur n'a pas été bâti par les prix. Il a été soulevé par les taux — en dix-huit mois, la marche est devenue une falaise. »
— L'enquête
C'est le cœur du basculement de 2022-2023. En dix-huit mois, le taux moyen d'un crédit sur 20 ans est passé d'environ 1 % à plus de 4 %, avant de refluer autour de 3,3 % en 2025. Pour un ménage, cela signifie une mensualité qui bondit — sur notre bien parisien, de 2 407 € à près de 3 000 € — sans qu'il obtienne un mètre carré de plus. Le pouvoir d'achat immobilier s'est contracté d'un cinquième, et le calcul acheter/louer a basculé dans le rouge pour les villes les plus chères.
Le placement alternatif est tenu constant à 3,5 % net dans ce graphique : on isole ainsi l'effet pur du taux de crédit. Dans la vraie vie, taux de crédit et rendement de l'épargne évoluent de concert ; le point mort réel dépend donc aussi de ce que rapporte votre épargne. Le simulateur permet de faire varier les deux.
Le tunnel de Friggit, ou la mémoire longue des prix
Reculons d'un demi-siècle. Une courbe, tenue par l'économiste Jacques Friggit, remet la décennie 2020 à sa place.
Pour comprendre où nous en sommes, il faut le regard long. Depuis les années 1960, l'économiste Jacques Friggit, au CGEDD, tient une série devenue célèbre : le prix des logements rapporté au revenu des ménages. Ramené à un indice, il raconte une histoire d'une régularité stupéfiante — puis d'une rupture.
Source : CGEDD d'après J. Friggit (indices Notaires-INSEE, comptes nationaux). Valeurs indicatives, base 100 = 2000. Le rapport prix/revenu est resté dans un « tunnel » étroit pendant 35 ans, avant de le quitter durablement à partir de 2000.
Imaginez un graphique qui divise le prix des logements par le revenu des ménages. Pendant 35 ans (1965-2000), la courbe est restée coincée dans un couloir étroit — le « tunnel » : un logement coûtait toujours à peu près le même nombre d'années de salaire. Depuis 2000, elle a crevé le plafond et plane 50 % au-dessus. Autrement dit : par rapport à ce que les gens gagnent, la pierre est aujourd'hui structurellement plus chère qu'à n'importe quel moment du dernier demi-siècle.
De 1965 à 2000, ce rapport est resté enfermé dans un couloir étroit — le fameux « tunnel ». Quand les revenus montaient, les prix suivaient ; quand ils stagnaient, les prix aussi. Le logement coûtait, bon an mal an, le même nombre d'années de revenu. Puis, à partir de 2000, la courbe a crevé le plafond : en huit ans, les prix ont grimpé de moitié plus vite que les revenus, et ne sont jamais redescendus dans le tunnel.
Cette anomalie a un moteur connu : l'allongement de la durée des crédits et la baisse continue des taux, de 5 % dans les années 2000 à 1 % en 2021. Chaque baisse de taux a permis d'emprunter davantage à mensualité égale — et cet argent supplémentaire s'est capitalisé dans le prix des biens, pas dans le pouvoir d'achat des ménages. Le tunnel mesure exactement cela : un actif dont le prix s'est déconnecté de ce que les gens gagnent.
Si le prix a quitté le tunnel quand les taux baissaient, que se passe-t-il maintenant qu'ils remontent ? La thèse de Friggit est une réversion lente : non pas un krach, mais une longue érosion réelle — des prix qui stagnent en euros courants pendant que l'inflation et les revenus les rattrapent par le bas.
Cette perspective change la lecture de notre point mort. Notre moteur suppose une appréciation de 2 % par an — soit à peine l'inflation. Ce n'est pas un pari pessimiste : c'est le scénario de réversion vers le tunnel. Si l'on croit au contraire à une reprise des hausses réelles, le calcul se retourne et l'achat redevient gagnant. Toute la décision d'acheter tient, au fond, dans ce pari sur les prix futurs — et le tunnel invite à ne pas parier trop haut.
La contre-enquête : ce que le calcul ne voit pas
Un modèle honnête doit instruire ses propres failles. Voici les meilleurs arguments contre notre thèse — et ce qu'ils valent.
Notre résultat repose sur une hypothèse héroïque : que le locataire place réellement, chaque mois, l'écart qu'il économise, et le tienne vingt ans sans y toucher. C'est la faille centrale de tout calcul « louer-et-placer », et elle mérite qu'on s'y arrête.
- 1L'épargne forcée. Le crédit immobilier est une discipline. Chaque mensualité construit du capital, qu'on le veuille ou non. Le locataire, lui, doit avoir la rigueur de virer la différence vers un placement — et de ne pas la dépenser. Dans les faits, la plupart ne le font pas : leur patrimoine final est alors bien inférieur à celui de notre locataire modèle, et l'acheteur reprend l'avantage. Le mur suppose un locataire discipliné.
- 2La protection contre le loyer à vie. L'acheteur qui a soldé son crédit vit quasi gratuitement ; le locataire paie un loyer jusqu'à sa mort, indexé, qui pèsera lourd à la retraite quand ses revenus baisseront. Notre horizon de 20 ans capture mal cet effet de très long terme : au-delà, l'achat protège d'un risque que le placement ne couvre pas.
- 3L'effet de levier. L'acheteur investit avec l'argent de la banque : il met 10 % et capte 100 % de l'appréciation. Aucun placement financier n'offre à un particulier un tel levier à ce coût. Si les prix repartent à la hausse, ce levier démultiplie le gain — et le calcul bascule vite en faveur de l'achat.
- 4La valeur d'usage. Être chez soi, ne pas craindre le congé du propriétaire, percer un mur : cela ne se chiffre pas, et notre moteur l'ignore. Pour beaucoup, c'est la vraie raison d'acheter, et elle est parfaitement légitime.
Julien a acheté avec 10 % d'apport : il n'a mis que 58 000 € de sa poche mais possède un bien de 576 000 € — et tout ce que le bien gagne en valeur lui revient, pas seulement sur sa part. C'est ça, le levier du crédit : la banque finance 90 % du pari, l'acheteur empoche 100 % du gain (et du risque). Aucun placement boursier ne prête à un particulier autant, aussi peu cher. Quand les prix montent fort, ce levier fait gagner Julien ; quand ils stagnent, il ne sert à rien. Tout le pari est là.
Aucun de ces arguments n'efface le mur — mais chacun en déplace la hauteur. Le locataire indiscipliné, l'acheteur qui reste 30 ans, le pari d'une reprise des prix : dans ces cas, acheter reprend l'avantage. Le mur est réel, mais il n'est pas infranchissable ; il faut savoir à quelles conditions on le franchit.
Ce que notre enquête démonte, ce n'est donc pas l'achat en soi. C'est l'automatisme — l'idée qu'acheter est toujours et partout le bon calcul, indépendamment de la ville, du taux et de la durée. En 2025, dans une métropole chère, avec un crédit à 3,3 % et un horizon incertain, cet automatisme coûte cher.
Le verdict : connaître son propre point mort
Ni « achetez toujours », ni « ne louez jamais ». Une seule question, mesurable.
La bonne question n'est pas « faut-il acheter ? » mais « combien de temps vais-je garder ce bien, et est-ce plus long que mon point mort ? ». C'est une question à laquelle on peut répondre par un chiffre, avant de signer.
Si votre horizon de vie dans le logement dépasse largement le point mort de votre ville, achetez : le temps jouera pour vous, l'épargne forcée et la protection contre le loyer feront le reste. S'il est plus court — mutation probable, projet de famille incertain, ville très chère — la location assumée, couplée à un placement discipliné, n'est pas un échec patrimonial. C'est souvent le meilleur calcul.
Revenons à Julien et Sarah. À Paris, sur vingt ans, Sarah a gagné — à condition d'avoir vraiment placé la différence, sans y toucher. Mais si Julien reste trente ans, s'il achète à Marseille plutôt qu'à Paris, ou si les prix repartent, c'est lui qui l'emporte. Aucun des deux n'a « raison » dans l'absolu : chacun a raison pour sa ville, son horizon et sa discipline. Le mur n'interdit pas d'acheter ; il interdit de le faire les yeux fermés.
Ce mur a été calculé aux hypothèses médianes de 2025. Le vôtre dépend de votre apport, de votre taux, de votre horizon et de ce que rapporte votre épargne. Nos simulateurs de capacité d'emprunt et de rentabilité vous laissent refaire chaque chiffre de cette enquête avec vos propres paramètres.
Pour tout comprendre
Les mots de l'enquête
- Point mort
- La durée de détention au-delà de laquelle acheter enrichit plus que louer-et-placer. En dessous, l'achat détruit de la valeur ; au-dessus, il en crée.
- Rendement locatif brut
- Le loyer annuel divisé par le prix du bien, en %. Il dit ce que « rapporte » un logement mis en location. Plus une ville est chère, plus il est faible.
- Tunnel de Friggit
- La courbe, tenue par l'économiste J. Friggit, du prix des logements rapporté au revenu des ménages. Stable pendant 35 ans (le « tunnel »), elle l'a quitté après 2000.
- Frais de notaire
- Les droits et frais payés à l'achat (≈ 7,5 % dans l'ancien). Irrécupérables : ils n'entrent jamais dans la valeur du bien à la revente.
- Placement alternatif
- Le rendement qu'obtiendrait le locataire en plaçant son épargne (ici 3,5 %/an net, prudent). Plus il est élevé, plus louer-et-placer devient attractif.
La triangulation des données
Chaque affirmation de cette enquête est recoupée sur trois plans : notre donnée interne, une étude externe indépendante, et la littérature académique de cadrage. Rien ne repose sur une source unique.
| La question | Notre donnée | L'étude externe | La référence académique |
|---|---|---|---|
| Les prix ont-ils décroché des revenus ? | Rendement brut tombé à 3,4 % à Paris (prix Notaires-INSEE × loyers ANIL). | CGEDD / J. Friggit : rapport prix/revenu +50 % au-dessus de son tunnel historique depuis 2000. | Knoll, Schularick & Steger (2017), « No Price Like Home » — décrochage mondial prix/revenu post-2000. |
| Le choc de taux a-t-il changé la donne ? | Point mort parisien : 8 ans à 1,1 %, au-delà de 20 ans à 3,3 % (moteur FranceMetrics). | CSA / Crédit Logement : taux moyen 20 ans passé de ~1 % (2021) à >4 % (fin 2023). | Banque de France, « Le coût du crédit » — transmission de la politique monétaire au crédit habitat. |
| Louer-et-placer bat-il vraiment acheter ? | Locataire parisien ~74 k€ plus riche à 20 ans, à budget logement égal (moteur rent-vs-buy). | Beracha & Johnson (2012), « Buy vs. Rent » — la location domine plus souvent qu'on ne le croit selon l'horizon. | N. Sinai & N. Souleles — le logement comme couverture du risque de loyer futur (contre-argument). |
| Faut-il en conclure qu'il ne faut plus acheter ? | Villes abordables (Lille, Marseille, Saint-Étienne) : point mort de 3 à 6 ans — l'achat y reste gagnant. | INSEE : la RP reste le premier actif des ménages, avec un effet d'épargne forcée puissant. | Modèle de coût d'usage (Poterba, 1984) — le loyer imputé net doit se comparer au coût de portage. |
Les garde-fous de l'enquête
- Le calcul suppose que le locataire place effectivement et durablement l'écart d'épargne : c'est l'hypothèse la plus fragile. Un locataire dépensier obtient un résultat très différent.
- L'horizon est borné à 20 ans (durée du prêt). Au-delà, l'achat — logement soldé, loyer évité à vie — reprend structurellement l'avantage.
- Prix et loyers sont des médianes de marché arrondies (Notaires-INSEE, ANIL) ; un bien précis peut s'en écarter fortement. La fiscalité (plus-value exonérée sur la RP, IFI) et les frais réels varient selon les situations.
- L'appréciation (2 %/an) et le placement (3,5 %/an net) sont des hypothèses centrales, pas des prévisions. Changer ces deux paramètres peut inverser la conclusion — c'est précisément le pari que chaque acheteur fait.
- Le modèle ignore la valeur d'usage, la sécurité et la mobilité — des dimensions non financières qui peuvent, à elles seules, justifier d'acheter ou de louer.
Les sources
- Notaires de France / INSEEIndices des prix des logements anciens (2024)Institution
- ANILCarte des loyers — indicateurs de loyers d'annonce (2024)Institution
- CGEDD / Jacques FriggitPrix de l'immobilier et revenu — le « tunnel »Institution
- CSA / Crédit LogementObservatoire du financement du logement — taux des crédits (2025)Institution
- Banque de FranceStatistiques du coût du crédit à l'habitatInstitution
- Knoll, Schularick & StegerNo Price Like Home: Global House Prices, 1870-2012 (2017)Académique
- Beracha & JohnsonLessons from Over 30 Years of Buy versus Rent Decisions (2012)Académique
- James PoterbaTax Subsidies to Owner-Occupied Housing (coût d'usage) (1984)Académique
Refaites les calculs de l'enquête
« À Paris, le locataire finit 74 k€ plus riche »
Enquête produite par la rédaction FranceMetrics à partir de données publiques et de moteurs de calcul ouverts. Les chiffres cités sont reproductibles avec nos simulateurs. Contenu informatif — ni conseil en investissement, ni recommandation personnalisée.
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