ISF supprimé : la recette a été divisée par deux.
En 2018, la France a engagé un pari à quatre milliards d'euros par an : moins taxer la fortune ferait ruisseler l'investissement. Sept ans plus tard, les évaluateurs officiels cherchent toujours le ruissellement.
dernier ISF (2017) vs IFI (2024) — et 360 000 → 186 000 foyers concernés
DGFiP (rendements) ; France Stratégie, comité d'évaluation des réformes de la fiscalité du capital (2023).
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- Recette divisée par presque deux : 4,2 → 2,2 Md€/an
- Un foyer concerné sur deux est sorti de l'impôt (360 000 → 186 000)
- Manque à gagner 2022 : > 4 Md€ (France Stratégie)
2017, dernier exercice de l'ISF : 360 000 foyers, 4,2 milliards d'euros, assis sur l'ensemble du patrimoine au-delà de 1,3 million d'euros. 2018, naissance de l'IFI : seule la pierre reste taxée. Résultat en 2024 : 2,2 milliards collectés auprès de 186 000 foyers. Les portefeuilles financiers — c'est-à-dire l'essentiel des très grands patrimoines — sont sortis du champ de l'impôt sur la fortune.
Le pari initial était clair et parfaitement respectable sur le papier : libérer l'épargne des plus fortunés pour qu'elle irrigue les entreprises. C'est là que l'histoire se corse : le comité d'évaluation installé auprès de France Stratégie, après cinq ans de travaux, chiffre le manque à gagner à plus de 4 milliards pour la seule année 2022 (6,3 milliards d'ISF potentiel contre 1,8 d'IFI perçu) — et conclut qu'aucun effet mesurable sur l'investissement des entreprises n'a pu être démontré.
Non pas « l'effet n'existe pas » — la science économique est plus prudente que les tribunes — mais « personne n'a réussi à le voir dans les données ». Sept ans après, l'argument central de la réforme reste une hypothèse ; son coût, lui, est un fait comptable qui se répète chaque année.
Le pari du ruissellement reste ouvert ; la facture, elle, est réglée chaque année.
Sources
- Sénat — Bilan ISF→IFI et PFU (rapport n°42)
- France Stratégie — Rapport final du comité d'évaluation (oct. 2023)
Mis à jour : juillet 2026. Aucune estimation maison — quand un chiffre est débattu, le débat est indiqué dans le texte.