Comment nous estimons l'exposition à l'IA

Une estimation éditoriale, pas une donnée officielle. Il n'existe aucune statistique publique française du « risque IA » par métier. Notre indice est une analyse FranceMetrics, construite par une méthode transparente et inspirée des travaux académiques sur l'automatisation (approche par les tâches, type OCDE / Frey-Osborne). Il éclaire une tendance de fond ; il ne prédit pas l'avenir d'une personne.

La décomposition par tâches

Un métier n'est pas « remplacé » ou « épargné » en bloc : ce sont ses tâches qui sont plus ou moins automatisables. Nous notons chaque métier sur quatre facteurs (de 0 à 100 %) :

Routine
Part des tâches structurées, répétitives et prévisibles. C'est le principal moteur d'exposition à l'IA : plus elle est élevée, plus l'automatisation est facile.
Relationnel
Importance de l'empathie, de la confiance et du lien humain. Une barrière forte : l'IA n'inspire pas confiance à la place d'un soignant ou d'un éducateur.
Créativité & jugement
Part de créativité, de stratégie et de décisions non structurées. Protège quand le métier invente plus qu'il n'exécute.
Dextérité physique
Habileté manuelle en environnement non standardisé (chantier, soin, cuisine). Encore très difficile à robotiser.

Le calcul

Les trois derniers facteurs forment une protection (relationnel 45 %, créativité 35 %, dextérité 20 %). L'indice d'exposition combine la routine et le défaut de protection :

protection = 0,45·relationnel + 0,35·créativité + 0,20·dextérité indice = 65 % · routine + 35 % · (1 − protection)
  • Immunisé (indice < 35) : le cœur du métier résiste, l'IA reste un outil d'appoint.
  • En mutation (35–65) : une partie des tâches s'automatise, le métier évolue vers l'IA-assistance.
  • À haut risque (> 65) : forte automatisation possible, la valeur se déplace vers les tâches humaines restantes.

Limites

  • L'indice reflète une tendance de secteur, pas la trajectoire d'un individu : les compétences, l'expérience et la spécialisation changent tout.
  • Il mesure l'exposition technique à l'automatisation, pas la disparition réelle : régulation, coût, acceptabilité sociale et création de nouveaux métiers pèsent aussi.
  • Les facteurs sont fixés éditorialement à dire d'expert ; ils sont révisables et nous les publions en clair par souci de transparence.
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